Eden's Wall Index du Forum
 
 
 
Eden's Wall Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Errances d'un vieil enfant

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Eden's Wall Index du Forum -> Eden's Wall [RP] -> Etats d'âmes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Pan
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mer 23 Fév - 16:14 (2011)    Sujet du message: Errances d'un vieil enfant Répondre en citant

Nous retrouvons notre chien fou après qu'il se soit fait trahir par ses "amis" et qu'il se soit jeté du haut de la falaise vers une mort certaine, mais pas sure. c'est ce jour là que Pan apprit à ne plus avoir peur de la mort, et grâce à ça il eût assez de couilles pour arriver à s'enfuir et se venger...Mais ça c't'une autre histoire.

Maintenant, vos gueules, et lisez!

Aujourd'hui: Briser la mâchoire du loup.
__________________________________________________________________________________________________________

Coincé sur ce bout de terre et d'eau, blessé, Pan allait à une mort certaine. Les mouettes venaient même essayer de bouffer les bouts de chair qui sortaient de sa jambe trouée.

Un rapide diagnostic de sa jambe permit à Pan de voir qu'elle irait vite mieux, tout comme son épaule râpée par le corail de feu, si il avait juste de quoi recoudre et soigner un peu tout ça. Deux jours plus tard, remis, il mit à exécution son projet malade.

Le tablier du pont n'était pas dur à atteindre. Un peu de nage, et bientôt Pan grimpa sur le bloc de béton qui formait la base du pilier le plus proche du pont. La suite, une escalade sur une échelle de fer toute fine, et une trappe qui menait au tablier.



    

Dans le sous sol du pont, personne ne pouvait le voir excepté les équipes de maintenance qui passaient de temps à autre. Croisant les doigts pour ne pas les rencontrer, Pan se faufila dans les ombres de cet immense couloir mal éclairé, parmi les bruits de ventilation et de fuites d'eau. Un kilomètre plus loin il aperçut les halos de torches et perçut des voix. Il jura dans sa barbe et chercha des yeux un endroit où se cacher; les lumières venaient par ici. Il jeta son dévolu sur une petite porte sur la gauche qui devait servir de placard à balai, quelque chose comme ça. Il entra et laissa la porte très légèrement entr'ouverte pour éviter les mauvaises surprises. Son premier devoir fut de se mettre en quête de ce qu'on pourrait appeler une arme dans ce fatras. Ce fut un manche de pioche, faute de mieux.

Un demi-douzaine de mecs en bleu de travail passa près de la porte. Le métis tendit l'oreille.

-Ouais, ils arrivent demain midi, Ils vont devoir sortir l'argenterie.

-Mais ça les fait pas flipper d'amener un bateau au milieu de cette prison?

-Bah, tu sais, avec le nombre de gardes armés jusqu'aux dents... Et puis, ils amènent de nouvelles armes, les trucs à plasma, là, tu sais?

-J'croyais que c'était pas au point?

-Justement, ils vont le tester ici, pour les exécutions, les tentatives d'évasion...Ils ont carte blanche pour traiter toute déviance au règlement ici, t'sais. D'après ce que j'ai entendu, le gouverneur de la province va leur en causer.

-Beuarhk. Ils me dégoûtent. Vivement qu'on ait fini, qu'on puisse se tirer d'ici.

-C'est pour ça qu'c'est aussi bien payé.

-Ce gouverneur...quel faux-cul.

-Ouais, mais entre nous, qui mieux qu'un salaud pour gérer une province de salauds... Même si on voit pas sa gueule souvent par ici...

-Ouais, faut qu'y ait des nouvelles armes pour qu'on le voie se ramener... D'où aussi cette inspection générale des structures...

-...Mmh, y rigole pas en plus lui...Vaut mieux pas qu'on s'tape de d'moiselles pendant quelques jours.

Les ouvriers passèrent et leur voix se perdit dans le lointain. Le plan qui avait germé dans la tête de Pan prit solidement racine. Un gouverneur, un bateau, des nouvelles armes, une cérémonie...

Le métis se précipita dans le couloir sans perdre plus de temps.

C'qui y'a de génial dans ce genre d'endroits, c'est que normalement, aucun mec comme Pan n'aurait pu s'y trouver. Etant principalement conçu à l'usage des ouvriers, il y a dedans tout ce qu'on peut avoir besoin, en tant qu'ouvrier. A mi-parcours, Pan tomba sur ce qu'il conviendrait d'appeler une salle de contrôle si on en parlait au gouverneur, mais qui était plutôt un bordel sans nom.

Uniformes, plan de toute la structure, outils... Juste ce qu'il manquait pour faire fleurir l'idée de Pan.

L'air décidé, il prit une petite lame qui trainait et entreprit de se couper les cheveux en se regardant tant bien que mal dans le reflet d'une vitre. Puis il passa une combinaison ignifugée, une ceinture de charpentier, mit un casque de chantier et prit une boîte à outils. Il se tâta à enlever la petite boucle d'oreille bleue qui pendait à son oreille gauche; il balaya cette idée comme on jette du sel par dessus son épaule pour se porter chance. La fouille du dernier casier des ouvriers lui rapporta un beau trousseau de clés bien lourd, parmi lesquelles une petite clé avec une étiquette "passe ouvrier" dessus...

Notre métis arriva bientôt à l'autre bout du pont. Il prit une grande inspiration, et passa la petite porte de service, l'air détendu, cachant du mieux qu'il pouvait qu'il boitait.

On n'appelait pas ça le quartier haute sécurité pour rien. L'échevelé-rasé arriva sur une série de passerelles en hauteur. En contrebas, la zone de "promenade"; un enclos de béton de 25 m2 où tournaient les détenus, jamais plus de trois à la fois, lourdement enchaînés, encagoulés, et sur les passerelles se trouvaient des surveillants qui les tenaient en joue en permanence.

L'air de rien, notre intrus sortit son plan. Bloc F, magasin. Deuxième sous-sol, salle 31, armes/explosifs/gaz. Pan se dirigea vers la grille du bloc F. Avec un petit sourire, il leva légèrement son casque pour saluer le garde en faction; ce dernier lui ouvrit la grille.

Une série de 8 grilles bloquaient les accès de chaque bâtiment. En cas d'alerte, on pouvait actionner des leviers qui coupaient toutes les passerelles et isolaient chaque bloc. Le bateau était prévu le lendemain midi, ce qui laissa tout le temps nécessaire à Pan.

Après être allé faire un petit tour dans la salle d'armement, et avoir assuré ses arrières en cachant un flingue dans sa ceinture, Pan plaça des petites charges, tranquillement, un peu partout dans les blocs, aux endroits stratégiques: les passerelles des gardes, les disjoncteurs électriques, les mitrailleuses automatiques... et bien sûr, l'accès au levier de blocage des passerelles. Chaque détonateur gérait un type de structure. Les aller-retours lui prirent la journée. Tout le monde était tellement occupé à préparer l'arrivée du gouverneur que personne ne prit la peine de contrôler son identité. Le soir venu, Pan s'endormit dans la réserve, serein, avec la satisfaction d'une journée bien remplie. Demain verrait la promesse de sa liberté...ou la mort.


*** 

   
Le lendemain, toute la prison étai sur le pied de guerre. Pan retourna dans la réserve d'armes et appela le garde à l'aide pour déplacer des caisses. Le garde eût tout le temps de méditer sur l'étanchéité du corps humain, baignant sagement dans son sang, nu dans la caisse en question.

Un nouveau garde à la boucle d'oreille bleue vînt décharger le bateau des précieuses armes à plasma, et emmena le tout dans la réserve d'armes, non sans avoir au préalable fait circuler le bruit parmi les prisonniers que ce serait ce midi ou jamais.

Puis il alla faire un petit tour au bloc B, histoire de bien faire les choses. Pan approcha d'une cellule et tendit une clope au mec dedans.

- Yoo...Salut... John, c'est ça?

- Quess ça peut t'foutre à toi, 'culé d'maton?

- A moi, rien... A toi, ça dépend si t'es çui qu'j'cherche.

- Ca s'pourrait...Ou pas.

- On m'a dit que t'étais capitaine, dans l'temps? Tiens, fume ça, et écoute la proposition que j'ai à te faire...



   

Quatorze heures trente, après avoir bien bâfré, les pontes de la province en vinrent aux mots sur l'estrade prévue à cet effet. Un cuisinier à la boucle d'oreille bleue avait consciencieusement fourni à chacun une bouteille d'eau coupée au LSD. C'est fou ce qu'on trouve dans le bloc G, le bloc psychiatrique, quand on est un nouveau garde qui se trompe de salle et découvre un laboratoire... C'est fou aussi la joie qu'on peut ressentir devant une aiguille et du fil, du désinfectant et des analgésiques... Tâtant son épaule meurtrie, Pan regardait la cérémonie, détonateurs dans la sacoche, en surplomb sur une passerelle.

Au bout d'une demi heure, les gardes se demandèrent ce qui prenait tout à coup les pontes aux couilles: les voir se rouler par terre, bloquer sur le carrelage ou courir en gueulant
"Ne me touchez pas!" avait de quoi étonner légèrement. Les gardes comprirent que quelque chose ne tournait vraiment pas rond quand le directeur de la prison se jeta du haut de la passerelle avec un rire dément.

Ce fut à ce moment que la première explosion retentit; Pan avait utilisé le détonateur assigné au disjoncteur. Toute la structure se trouva plongé dans l'obscurité, excepté ce qui se trouvait à l'air libre. La seconde, ou plutôt les secondes déflagrations libérèrent du gaz soporifique dans les bureaux des gardes de chaque bloc. Panique à bord, tous les gardes se précipitèrent pour investir soigneusement tous les lieux de la prison-Pan actionna le levier qui coupait du monde le quartier des gardes, retardant leur intervention suffisamment pour libérer une bonne part des prisonniers des autres blocs. Une fois le bordel lancé, il s'amplifierait tout seul, comme un grand..

Toujours habillé en garde, mais bandana sur la tête, il courut à travers les blocs A et B, distribuant généreusement les si petites, si légères, si meurtrières armes à plasma, capables de faire fondre comme neige au soleil les barreaux les plus résistants, ou les esprits les plus récalcitrants. Il arriva à la cellule du capitaine et cogna les barreaux.


- C'est l'heure, Johnny...

Il lui lança un flingue à plasma et deux grenades.

- M'appelle pas Johnny, okay, ou j't'explose la tête...

Johnny explosa surtout les barreaux de sa cage.

Pan actionna le détonateur des mitrailleuses automatiques, ce qui leur permit de traverser la cour sans trop de souci. Ici, les gardes comprirent que la situation leur échappait totalement. Le gouverneur ne comprit rien du tout, jusqu'au moment où il perdit littéralement le bas du corps pour cause de boules de plasma brûlant.

La révolte qui s'ensuivit fournit tout le temps nécessaire à Pan pour rejoindre une demi-douzaine de prisonniers à peu près sains d'esprit, repérés au préalable et recrutés par l'ancien cap'tain, capables de faire de bons équipiers et rejoindre le bateau au milieu des explosions, râles d'agonie, cris de guerre et autres supplications. Libérer tous ces mecs n'avait jamais été son but, s'enfuir de ces îles maudites, par contre, lui avait donné une motivation diabolique. Arrachant ses fringues de garde, il grimpa sur le pont et livra une harangue, l'ancien cap'tain Johnny à ses côtés:

- Bon, tas d'connards, écoutez moi. Si vous êtes libres aujourd'hui, vous savez à qui vous l'devez. Ensemble on va s'casser presto et rejoindre le continent. Mais y faut pas tarder passque ces cons y vont envoyer l'aviation. Juste, quelques règles. Si on veut s'en sortir, pas d'coups d'pute jusqu'au continent. Vous mettez des fringues militaires. On discute pas, on agit. Et après, chacun reprendra sa vie. Johnny?

- ... Ca vous paraît clair? Alors AU BOULOT TAS D'FEIGNASSES, sinon on risque fort de finir napalmisés!

Oui, capitaine. Branle-bas de combat sur la vedette militaire, le petit bateau sortit sans problème du port, tandis que Pan actionnait ses derniers détonateurs qui firent péter la porte en béton armé, et qui achevèrent de foutre un bordel innommable dans la prison. La mer, la mer libre, le bleu de l'océan, la promesse d'un avenir meilleur, l'horizon sans fin s'étalait devant les yeux plissés des anciens détenus.

Libre. Libre enfin. Libre. Libre de choisir son destin. Sur la proue, l'expression sonnée de Pan laissa place peu à peu à un sourire fier.

Sayônara, Okinawa... A plus.

L'équipage se dirigea vers le nord, salué par les avions de chasse qui ne tardèrent pas à passer, salué par les explosions et le napalm qui déchirèrent le Quartier Haute Sécurité, salué par le soleil écrasant et les dauphins cabriolant dans l'océan.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mer 23 Fév - 16:14 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Eden's Wall Index du Forum -> Eden's Wall [RP] -> Etats d'âmes Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com