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Errances d'un vieil enfant.

 
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Pan
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MessagePosté le: Mar 25 Jan - 16:55 (2011)    Sujet du message: Errances d'un vieil enfant. Répondre en citant

L’enfance de Pan a été bien violente, comme nous venons de le voir. Mais ce n’est que durant son adolescence qu’il devait acquérir son sens de l’honneur bizarre et perfectionner son style de combat ; ainsi qu’installer définitivement son attitude de connard prétentieux, grande gueule, couillu à souhait (ou totalement inconscient ?), et s’engager sur la voie qu’il a si souvent arpentée : loin de se définir comme un loup solitaire, il a plutôt toutes les caractéristiques du chien sauvage. Ces années devaient lui apprendre à ne compter que sur lui, et l’amener à s’en foutre royalement de la mort…comme de sa vie.

Aujourd’hui : la jeunesse de Pan.

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Ainsi le petit Peter était il devenu le moyen Pan, second de son gang durant la première partie de son adolescence. De coup foireux en rapines, agrémentées de duels extrêmement violents, Pan perfectionna son « hachis parmentier », mais cela fit naître en lui un individualisme profond.

Les individus sont-ils prédestinés ? Pan était-il un chien sauvage depuis sa naissance ? Y’a-t-il un espoir pour l’humanité ? La Terre a-t-elle la forme d’une banane ?

Autant de questions qui demeureront sans réponse. Toujours est-il que Pan devenait chaque jour un peu plus un cavalier seul. Il ne prenait jamais part aux décisions du gang, il se contentait de faire le « travail ». Mais assez rapidement, il fit valoir qu’on ne pourrait jamais lui faire faire quelque chose dont il n’avait pas envie. De plus, ce qui n’était à la base qu’une réserve de sa part, et une certaine froideur dans ses relations avec autrui, finit par prendre la forme d’un dédain manifeste envers tout le monde, Muko compris.

Apparence? Réalité? Protection? Provoc? Ces questions devaient tarauder tous ceux qui côtoyaient Pan. Mais Muko, comme Chime connaissaient mieux Pan que quiconque, et leur relation devenait de plus en plus étrange pour quelqu’un d’extérieur.
Il était évident que ces trois là volaient bien plus haut que n’importe qui à Okinawa.

La situation à New-Ryûkyû changea beaucoup, durant les sept années qui suivirent. En effet, l’avancement du chantier permettant d’ouvrir les premiers centres de rétentions commandés par l’Empereur, on vit peu à peu débarquer de nouveaux genres de prisonniers, accompagnés de surveillants de la prison, et de l’administration pénitentiaire nécessaire au fonctionnement de ce lieu qui promettait d’être de plus en plus spécial.

Les prisonniers étaient pour beaucoup des terroristes. En effet, depuis peu, des vagues d’attentats-suicides frappaient le Japon-le monde entier, en fait. Les services de sécurité de l’Empire Japonais réussissaient pourtant à contenir ce phénomène, au prix d’un état d’urgence impitoyable, et d’une surveillance accrue de la population. Ainsi, assez souvent, des réseaux entiers étaient démantelés, et envoyés systématiquement à New-Ryûkyû, le Guantanamo géant et high-tech du Japon.

Cela contribua évidemment à creuser l’écart entre la population de malfrats et de criminels résidant sur l’île en relative liberté, et la prison high-tech dont on voyait la structure de n’importe où sur l’île. On pouvait également voir un immense pont reliant le complexe à un îlot lointain qu’on devinait couvert de bâtiments : le quartier haute-sécurité du complexe de détention, abritant les plus dangereux criminels de guerre qui soient.

Une vague de folie destructrice frappait alors la planète entière, mais, coupés du monde, n’en sachant que ce que les rumeurs en disaient, et occupés à leur survie et à leur business, les « habitants » de New-Ryûkyû n’en savaient que peu. Pan, lui, s’en foutait complètement. Aux rumeurs, il répondait :

Ils peuvent bien crever, ces connards. On est déjà tous en train de crever, ici.

Si la prison était réglementée, et bien surveillée, cela n’avait fait qu’empirer le sort des « résidents » de l’île. Aux ouvriers du chantier succédaient peu à peu le personnel de la prison, et des marchands venus spécialement pour cette clientèle sure, en ces temps de crise économique majeure.

La prostitution, le marché noir, tout cela avait explosé sur l’île, avec l’arrivée de ces nouveaux venus. En effet, la condition
sine qua non pour se voir délivrer le laissez-passer pour l’île était des plus singulières : n’avoir rien à perdre. Ni femme, ni enfants, ni personne. Imaginez le résultat…Ces nouveaux venus ne tardaient pas à devenir aussi fous que les « habitants ».
Bon pour le business, certes…Mais les conditions de vie…


Ainsi se déroulèrent sept ans, sept ans de vice, sept ans de folie frénétique, sept ans qui amenèrent Pan à avoir un peu de poil au menton. Après tout, la vie suivait son cours quotidien, ici, avec ses mendiants, ses putes, ses voyous, ses gangs, ses meurtres... C'est le monde dans lequel Pan apprit la vie.

Son évolution personnelle énervait tout particulièrement Muko. En tant que chef de gang, il ne pouvait tolérer l’attitude de son second, méprisant, désobéissant aux ordres… Ceci ajouté à la désagréable impression que Pan seul volait plus haut que tous les autres, Muko compris, par sa faculté de détachement et ses réponses déstabilisantes. De plus, Pan pouvait causer beaucoup de problèmes, car assez vite il apparut que ce qui comptait pour lui était de défier des mecs puissants, juste pour le challenge. Muko nourrit ainsi une haine envers Pan, soigneusement dissimulée. On ne devient pas chef de gang pour rien, et Muko excellait dans l’art de la manipulation. Connaissant Pan mieux que personne, Chime mise à part, il savait le plus souvent lui faire faire ce qu’il attendait de lui. Mais tôt ou tard…

Quant à Chime, elle avait vu Pan devenir de plus en plus dur, de plus en plus détaché, de plus en plus lointain au fur et à mesure qu’il atteignait l’âge d’homme. Elle, si faible, ne pouvait que pleurer et l’implorer de son regard, ce qui avait pour effet d’énerver Pan qui ne supportait pas être la proie d’émotions qu’il ne maîtrisait pas. Il la traitait ainsi avec distance, et cette distance s’accentua de plus en plus. Entre nous, Chime fut son premier véritable amour. L’histoire ne dit pas ce qui se passa entre eux, réellement. Ce qui est sur, c’est que Pan fit le choix de la solitude, incompatible avec qui ou quoi que ce soit.

On en était là, lorsque Muko fit la proposition qui allait changer l’existence de Pan à tout jamais.

Ce jour là, Muko entra dans la bicoque avec l’air très satisfait de celui qui détient le secret d’un coup en or. Cela, ajouté au vice dans ses yeux, qui avait -à la différence de Pan- grandi en même temps que son corps, lui donnait vraiment l’air d’un salaud fini. Il s’assit sur le banc et sortit de sa poche un pistolet qu’il posa sur la table. Pan et Chime ouvrirent des yeux ronds comme des billes, ce qui n’était pas rien pour des asiat’. Les armes à feu étaient en effet prohibées sur l’île, excepté pour les gardiens et le directeur du complexe.

Co…Comment…

C’est un gardien qui me l’a cédée… Je l’ai soûlé, et cet imbécile m’a dit beaucoup trop de choses… Paix à son âme.

T…Tu as TUE un gardien ? On est foutus !

Ils vont le chercher, Muko. Et ils vont nous trouver, en même temps que lui. Il n'y a aucune information qu'on ne puisse obtenir si on y met les moyens.

Ca importe peu. Demain, nous serons loin de cette île maudite.

La surprise des deux autres se fit deux fois plus grande. Notre échevelé reprit son visage fermé et attendit la suite.

Il y aura un bateau au port ce soir… avec un seul garde… sans arme…

Impossible ! Jamais ils ne feraient une erreur pareille !

L’homme que j’ai...soulagé du poids de son existence était le chef de la section E. Il devait conduire un détachement armé jusqu’au bateau ce soir à dix heures précises. Le bateau, lui, accoste à neuf heures et demie. Le temps est clément, il n’aura pas de retard. Et que fera l’équipage après deux jours de traversée, confiant… ? Il m’a certifié qu’ils devaient être à dix heures précises à la prison. Ils n’ont donc qu’une demi heure de battement, et ils en profiteront à fond, croyez moi. Un seul garde, sans arme à feu. Vous connaissez le règlement : aucune arme à feu n’entre à Okinawa, sauf dans les bateaux blindés qui accostent directement dans la prison. Le bordel est juste à côté, ils vont y faire un tour, c’est certain. Il faut savoir que leur mission est tout ce qu’il y a de plus officieuse.

Il alluma une cigarette et tira une longue bouffée. La fumée bleutée envahit la pièce.

L’objet de leur mission, on s’en balance. Tout ce qu’on a à faire, c’est tuer le garde, sans bruit, et appareiller en vitesse, vers le sud-ouest pour contourner les miradors… et adieu New-Ryûkyû ! Une occasion pareille est unique, elle ne se représentera plus jamais. Pan… tu arriveras à le tuer sans bruit, n’est-ce pas ?

Pan ne sourit pas. Il hocha lentement la tête.

Mmh.

Muko claqua dans ses mains et arbora un sourire éclatant.

Alors c’est entendu ! Rendez-vous ce soir à neuf heures pétantes au bordel de Shirimasen.

Il rengaina son magnum et sortit dans la cohue des ruelles d’Okinawa.

Chime regarda Pan intensément. Sur son visage se mêlaient espoir, crainte, excitation… Quitter cette île maudite, quitter la mort, quitter la souffrance, quitter le vice infini de l’Homme…

Pan se leva, déjà concentré, et sortit à son tour, la laissant seule.


***
  

Le soir venu, les trois compères se tenaient prêts. Le bateau accosta comme prévu, une petite embarcation, et comme prévu, tous les hommes à l’exception d’un garde armé d’une épée se précipitèrent au bordel. Le sourire de Muko s’élargit jusqu’au oreilles, son regard malsain s’intensifiant presque jusqu’à briller de noirceur. Il sortit le magnum.

C’est à toi, mon ami… je te couvre…

Pan adressa un regard confiant à Chime, puis s’élança sur le sable sans bruit, comme le garde regardait dans la direction opposée. Il parcourut la passerelle en trois pas et sauta à bord en dégainant la lame qui dépassait de son dos. Le garde se retourna soudain. Trois secondes, il était mort. Pan ôta la lame de l’abdomen du garde…



…Et la lumière fut. 4 soleils écrasants nimbèrent Pan de leur clarté agressive. Se tournant soudain, il vit une dizaine de gardes le tenir en joue. Il comprit instantanément. Sa lame dans la main, l'autre poing serré, il explosa.

…Mukoooooo !!!! Espèce d’enculééééé !!!

Les hommes approchèrent. Une crosse de fusil, ça fait très mal. Pan sombra dans le néant.

Muko serrait la main du garde, l’air satisfait.


Vous vouliez votre meurtrier, vous l’avez. A votre tour de tenir votre promesse, maintenant.

Bien sur, vermine. Toi et ta sœur, vous embarquerez demain midi. Votre copain sera exécuté à l’aube. Inutile de vous dire de vous tenir à carreaux…

Chime sanglotait doucement.

***
  

Eau glacée. Attaché à un poteau. Impossible de s’en défaire. Corde qui entaille les poignets. Muko...Sale pute...

Je passerai les détails de la torture que subit Pan durant toute la nuit. Je me contenterai de dire que l’aube venue, son corps n’était plus qu’une plaie ; il faut dire que cracher à la gueule de ses gardiens et les traiter de baltringues n’aide pas à alléger la torture.

Ligoté comme il se doit, Pan se fit escorter par trois hommes jusqu’à la falaise à la sortie de la « ville ». Au bord du gouffre, enserré dans ses liens, il vit deux des trois hommes poser un genou à terre et le viser avec leurs mitrailleuses. Chime, cachée avec son frère dont le vice le poussait à se délecter de l’opération dans un buisson en contrebas, réprima un gémissement. Le troisième homme dit fièrement :

Tu as été condamné à mort pour le meurtre d’un gardien de la prison de New-Ryûkyû. Repends-toi de tes péchés et prépare-toi à voir ton créateur. A moins que tu préfères l’enfer ?

Pan s’esclaffa tant bien que mal, au grand dam de ses bourreaux, malgré l’état de son corps et la souffrance que lui causait son rire.

Bandes de putes… J’m’en bats les couilles d’aller en enfer…J’y suis déjà…

Il recula d’un pas.

…Mais croyez pas que des merdes comme vous réussiront à me buter.

Sous les yeux effarés des soldats, comme de ceux de la petite famille, Pan se jeta en arrière dans le vide, avec un sourire de fou furieux. Les soldats s’exclamèrent, et se précipitèrent au bord de la falaise d’où ils eurent juste le temps de voir le « splash » causé par le corps de Pan, plusieurs dizaines de mètres en contrebas, hallucinés. Reprenant ses esprits, le chef aboya

Tirez ! Mais tirez, imbéciles !

Ils vidèrent leurs chargeurs dans l’océan, sans voir remonter le corps à la surface.

Personne ne peut survivre à une telle chute…

Fit observer l’un des soldats. Le chef ne paraissait pas satisfait.

L’ordure… Rentrons à la base, et au pas de course !

Comme les soldats s’éloignaient, Chime se précipita en pleurant au bord de la falaise, bientôt rejointe par son frère hilare.

C’est fini, petite sœur…préparons, nous, nous avons un bateau à prendre.

Il tourna les talons, satisfait, tandis que Chime le regardait avec haine. Mais, seule au monde, elle ne pouvait rien faire… elle emboîta le pas de son grand frère. C’était la loi de New-Ryûkyû.


***
  
La chute. La vitesse. Le vent. Le sentiment de puissance. Envoyer chier le monde, envoyer chier Dieu. L’impact soudain. L’eau. L’air. L’eau. Les rochers… Les cordes en raphia qui se rompent… Les balles dans l’eau…La lenteur… La douleur… Le sang… Le trou dans une jambe… L’agréable sensation de mourir… Le ressac… Les rochers…L’air libre… L’air libre ?

Pan rampa tant bien que mal jusqu’à une grotte sur le rivage et s’affala en gémissant.

Hhh...Puuutain...Pourquoi vous voulez pas me laisser partir, enculés… J’en ai marre, moi…

Il grimaça de douleur. Une balle dans la jambe, pas profond, merci l’Océan. Un bout de bois et un hurlement de douleur plus tard, plus de balle, mais un trou. Il déchira un morceau de tissu et comprima la blessure, puis s’effondra, épuisé. Les mouettes scandalisées furent bientôt dérangées par de gros ronflements.

Quand il rouvrit les yeux, il vit où il était. Cette partie inaccessible de l’île autrement que par la mer du fait des falaises était bien connue de Pan… C’était ici que s’étendaient les piliers du pont qui menait au quartier haute sécurité. Un plan commença à germer dans la caboche malade de l’échevelé…
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MessagePosté le: Mar 25 Jan - 16:55 (2011)    Sujet du message: Publicité

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